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Cours du code · 9/13

Contrôle de police de nuit : un policier nous fait signe de nous arrêter Image de synthèse
Chapitre 9 / 13

Alcool, drogues et aptitude

21 situations concrètes · lecture ≈ 9 min

Chapitre 9/13 · Cours gratuit du code de la route belge · Relu sur les textes officiels le 25 octobre 2026

Ce chapitre en vidéo4 épisodes · 17 minL’alcool · Le temps, le contrôle, les drogues · Médicaments et fatigue · GSM, vue, émotions et ceintureGratuit avec un compte, dans l’app →

Avant de démarrer, une seule question : suis-je en état de conduire ? Alcool, drogues, médicaments, fatigue, téléphone, émotions : tout ce qui altère les réflexes ou l’attention compte. Voici les chiffres à retenir et les situations qui tombent à l’examen.

Alcool : les limites

SituationRègle
Conducteur ordinaire0,5 g/l de sang (0,22 mg/l d’air)
Chauffeur de camion ou de bus, de taxi, d’ambulance (transport rémunéré de personnes)0,2 g/l de sang (0,09 mg/l d’air)
0,5 – 0,8 g/lInterdiction de conduire de 12 h, retrait immédiat du permis possible, amende ; déchéance possible, et obligatoire pour un permis B de moins de 2 ans ou un permis provisoire
0,8 g/l et plusInterdiction de 12 h aussi, amende plus lourde, déchéance possible ; alcolock possible, imposé en principe dès 1,8 g/l
Refus du testMêmes peines que la conduite à 0,8 g/l ou plus (loi du 16/03/1968, art. 34 § 2)
DroguesAucune dose tolérée (test salivaire de bord, puis analyse de salive en laboratoire)
Texte officiel : art. 34

Loi du 16 mars 1968, art. 34

Texte complet sur Justel (SPF Justice) ↗

Extraits de la version consolidée du SPF Justice ; seul le Moniteur belge fait foi.

🚗 En situation Le taxi et le « petit verre »

Vous êtes chauffeur de taxi et vous prenez votre service dans une heure. Un collègue affirme qu’avec la limite de 0,2 g/l, « un petit verre reste permis ».

Ce que vous faites : vous ne buvez rien avant votre service.

Pourquoi : la limite de 0,2 ‰ qui vaut pour les chauffeurs de taxi (comme pour ceux de bus et de camion) équivaut en pratique à une interdiction de boire avant de conduire : un seul verre standard suffit souvent à la dépasser. Et bière ou spiritueux, un verre standard contient la même quantité d’alcool.

🚗 En situation Cinq cents mètres, ça ne compte pas ?

Après l’apéritif, il ne vous reste que 500 mètres à parcourir pour rentrer chez vous.

Ce que vous faites : vous laissez la voiture : les limites d’alcool s’appliquent dès que vous conduisez.

Pourquoi : il n’existe aucune « distance minimale » : conduire imprégné d’alcool est une infraction dès le premier mètre. Beaucoup d’accidents se produisent d’ailleurs près du domicile, sur des trajets que l’on croit sans risque.

🚗 En situation Celui qui « tient bien l’alcool »

Votre collègue « tient bien l’alcool » : après trois verres, il ne ressent rien. Vous avez bu autant que lui.

Ce que vous faites : vous ne vous fiez pas à ce qu’il ressent : son taux n’est pas plus bas que le vôtre.

Pourquoi : l’habitude atténue les sensations, pas le taux réel dans le sang. Les réflexes sont bel et bien altérés, et c’est même plus dangereux, car aucun signal d’alarme ne freine ce conducteur.

🚗 En situation Même verre, taux différent

Une femme de 55 kg et un homme de 90 kg boivent exactement la même chose.

Ce que vous faites : vous retenez que leurs taux ne seront pas les mêmes : celui de la personne la plus légère monte plus haut.

Pourquoi : le même alcool se répartit dans un corps plus petit. Corpulence, sexe et estomac vide font fortement varier l’alcoolémie : impossible de se fier au « nombre de verres » des autres.

🚗 En situation Rentrer à vélo après la fête

Après une soirée bien arrosée, vous rentrez à vélo.

Ce que vous faites : vous ne prenez pas le vélo pour un passe-droit : vous êtes un conducteur comme un autre.

Pourquoi : les limites d’alcool valent pour tout conducteur, vélo et trottinette compris. À vélo, on est surtout son propre danger, mais la sanction est bien réelle.

Le temps, seul remède

🚗 En situation Soirée jusqu’à 2 h, travail à 7 h

Soirée arrosée jusqu’à 2 h du matin. Vous devez prendre la voiture à 7 h pour aller travailler.

Ce que vous faites : vous savez que vous pouvez encore être positif : le corps n’élimine qu’environ 0,10 à 0,15 ‰ par heure.

Pourquoi : à 1,2 ‰ à 2 h du matin, vous pouvez encore dépasser 0,5 ‰ à 7 h. Ni le sommeil, ni le café, ni la douche n’accélèrent l’élimination : seul le temps compte.

🚗 En situation Deux cafés pour faire tomber le taux

Avant de reprendre la route, votre ami avale deux cafés serrés « pour faire tomber son taux ».

Ce que vous faites : vous lui rappelez que le café ne change rien : le taux reste identique, seul le temps le fait baisser.

Pourquoi : le café ne détruit pas une goutte d’alcool. Il masque juste la fatigue, ce qui rend le conducteur faussement confiant.

Contrôle, refus et alcolock

🚗 En situation Refuser de souffler

Lors d’un contrôle d’alcoolémie, on vous demande de souffler dans l’éthylotest.

Ce que vous faites : vous soufflez : refuser est sanctionné comme une conduite avec au moins 0,8 g/l, avec interdiction de conduire.

Pourquoi : refuser le test ne protège pas : la loi assimile le refus à une conduite avec au moins 0,8 g/l (art. 34, § 2, 3° de la loi de 1968) et entraîne aussi l’interdiction immédiate de conduire.

Texte officiel : art. 34

Loi du 16 mars 1968, art. 34

Texte complet sur Justel (SPF Justice) ↗

Extraits de la version consolidée du SPF Justice ; seul le Moniteur belge fait foi.

Drogues

🚗 En situation Le cannabis d’hier soir

Vous avez fumé du cannabis hier soir et vous vous sentez parfaitement « redescendu ». Ce matin, un contrôle salivaire vous attend peut-être.

Ce que vous faites : vous ne prenez pas le volant en vous fiant à votre sensation : vous risquez un test positif et les sanctions « drogue ».

Pourquoi : pour la drogue au volant, aucune dose n’est tolérée : dès que le test puis l’analyse de laboratoire détectent la substance au-dessus du seuil technique fixé par la loi (p. ex. THC : 10 ng/ml de salive en laboratoire), vous êtes sanctionné, même sans effet ressenti. Le THC peut rester détectable des heures, voire plus, après consommation.

🚗 En situation L’éthylotest est négatif

Au contrôle, vous soufflez dans l’éthylotest : le résultat est négatif.

Ce que vous faites : vous ne croyez pas être à l’abri d’un test salivaire : l’éthylotest ne mesure que l’alcool.

Pourquoi : chaque dépistage a son outil : l’haleine pour l’alcool, la salive pour la drogue. Un même contrôle peut parfaitement combiner les deux.

Médicaments

🚗 En situation Un remède en vente libre

Vous avez acheté, sans ordonnance, un remède contre l’allergie ou la douleur.

Ce que vous faites : vous lisez la notice (rubrique « Conduite de véhicules ») et vous demandez conseil à votre pharmacien avant de prendre le volant.

Pourquoi : « vente libre » ne veut pas dire « anodin » : certains antihistaminiques ou antidouleurs en vente libre provoquent de la somnolence.

🚗 En situation Un tranquillisant et une seule bière

Vous prenez un tranquillisant, puis vous buvez une seule bière.

Ce que vous faites : vous ne comptez pas sur la petite quantité : les deux effets se renforcent mutuellement.

Pourquoi : alcool + médicament psychoactif = effets démultipliés et imprévisibles, même avec des quantités « raisonnables » de chaque côté. Rester sous 0,5 ‰ ne protège pas de ce cocktail.

Fatigue

🚗 En situation Un micro-sommeil sur l’autoroute

Sur l’autoroute, vos paupières deviennent lourdes et vous sursautez : c’est un micro-sommeil.

Ce que vous faites : vous vous arrêtez à la prochaine aire et vous dormez 15 à 20 minutes.

Pourquoi : radio, fenêtre, air conditionné : effet nul ou de quelques minutes. Seul le sommeil traite la somnolence. Trois secondes de micro-sommeil à 120 km/h, c’est 100 m parcourus en aveugle.

🚗 En situation Deux boissons énergisantes avant de repartir

Vous avez bu deux canettes de boisson énergisante avant de reprendre la route de nuit.

Ce que vous faites : vous faites plutôt une sieste de 15 à 20 minutes : la boisson masque la somnolence sans la supprimer.

Pourquoi : caféine et taurine repoussent les symptômes de 30 à 60 minutes, puis l’endormissement revient, souvent plus brutalement. Seule la sieste de 15-20 minutes restaure la vigilance.

🚗 En situation Le passager propose de conduire

Un passager titulaire du permis voit que vous peinez à garder les yeux ouverts et propose de prendre le volant.

Ce que vous faites : vous acceptez l’échange, ou vous vous arrêtez pour dormir.

Pourquoi : reconnaître sa fatigue et passer le relais, ou s’arrêter, est un signe de responsabilité, pas de faiblesse. Refuser par orgueil coûte parfois très cher.

GSM et distractions

🚗 En situation Au feu rouge, le GSM en main

Vous êtes immobilisé à un feu rouge, moteur tournant. Vous aimeriez consulter votre GSM tenu en main.

Ce que vous faites : vous le laissez : l’interdiction vaut aussi quand on est immobilisé dans le trafic.

Pourquoi : immobilisé au feu, vous êtes toujours « dans la circulation » : GSM en main interdit. Seul un véhicule à l’arrêt (le temps de laisser monter ou descendre) ou en stationnement échappe à la règle.

🚗 En situation Le GSM sonne dans son support

Votre GSM sonne, posé dans son support fixé au tableau de bord.

Ce que vous faites : vous pouvez décrocher en effleurant l’écran, sans retirer l’appareil du support.

Pourquoi : un appareil fixé dans un support destiné à cet effet n’est pas visé par l’interdiction (art. 8.4). Mais composer un long texte en roulant, même dans le support, reste dangereux et déconseillé. (Art. 8.4)

Texte officiel : art. 8.4

AR du 1er décembre 1975, art. 8.4 — Art. 8. LES CONDUCTEURS

8.4. Sauf lorsque son véhicule est à l'arrêt ou en stationnement, le conducteur ne peut utiliser, tenir en main ni manipuler aucun appareil électronique mobile doté d'un écran, à moins qu'il ne soit fixé au véhicule dans un support destiné à cette fin.

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Extraits de la version consolidée du SPF Justice ; seul le Moniteur belge fait foi.

🚗 En situation Une photo du paysage en roulant

En roulant, vous aimeriez photographier un beau paysage avec votre GSM.

Ce que vous faites : vous gardez les mains sur le volant : tenir ou manipuler un appareil à écran est interdit.

Pourquoi : la loi ne distingue pas selon l’usage : téléphoner, filmer, photographier ou lire un message, c’est tenir ou manipuler l’appareil, donc une infraction du 3e degré. (Art. 8.4)

Texte officiel : art. 8.4

AR du 1er décembre 1975, art. 8.4 — Art. 8. LES CONDUCTEURS

8.4. Sauf lorsque son véhicule est à l'arrêt ou en stationnement, le conducteur ne peut utiliser, tenir en main ni manipuler aucun appareil électronique mobile doté d'un écran, à moins qu'il ne soit fixé au véhicule dans un support destiné à cette fin.

Lire l’article complet sur Justel (SPF Justice) ↗

Extraits de la version consolidée du SPF Justice ; seul le Moniteur belge fait foi.

Vue, malaise et émotions

🚗 En situation Les lunettes sont restées à la maison

En pleine route, vous réalisez que vous avez oublié vos lunettes de vue. Votre permis porte le code 01.

Ce que vous faites : vous cessez de conduire dès que possible.

Pourquoi : le code 01 est une condition du permis, pas une option : rouler sans la correction prescrite, c’est ne pas respecter les conditions de votre permis, quelle que soit la distance restante.

🚗 En situation Un vertige sur l’autoroute

Sur l’autoroute, vous ressentez un vertige soudain et une vision trouble.

Ce que vous faites : vous ralentissez progressivement, vous vous signalez et vous vous arrêtez en sécurité dès que possible, feux de détresse allumés.

Pourquoi : un malaise en cours de route impose de s’arrêter sans attendre, en se signalant clairement, plutôt que de risquer un accident en cherchant un endroit « parfait » plus loin.

🚗 En situation La queue de poisson

Un autre conducteur vous fait une queue de poisson et vous sentez la colère monter.

Ce que vous faites : vous relâchez la pression, vous gardez vos distances et vous laissez filer.

Pourquoi : céder à la colère pousse à des manœuvres agressives (talonnage, dépassement risqué) bien plus dangereuses que l’incident initial.

Ceinture

⚠️ Piège d’examen : Plusieurs questions de ce chapitre (le GSM au volant, par exemple) sont des « fautes graves » à l’examen (−5 points) : deux fautes graves = échec assuré (50 − 10 = 40 < 41).

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